Article de presse : Ouest France :  04/02/2019 

https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/angers-49000/l-institut-international-du-theatre-choisit-angers-6210521

Le Centre français de l’Institut international du théâtre choisit Angers.
La ville d’Angers va accueillir le centre français de cette ONG, partenaire officielle de l’Unesco depuis 1948. Figure reconnue du monde théâtral angevin, Jean-Charles Birotheau préside cette antenne.

 

Mais qui est donc Jean-Charles Birotheau, arrivé à Angers voici une quinzaine d’années ? Vous avez un petit peu de temps devant vous ?
« Je ne fais pas de jogging, je cours déjà beaucoup ! » , sourit Jean-Charles Birotheau. Cet alerte sexagénaire à l’œil vif et à la barbe bien taillée, a été nommé président du centre français de l’Institut international du théâtre (ITI). L’aboutissement d’une vie professionnelle incroyablement dense, dont chaque étape lui a permis d’être le candidat idoine – sans le moindre calcul de sa part.
Ce Rennais volubile, titulaire d’une licence d’histoire de l’art, a poursuivi sa formation aux Beaux-arts de Rennes, puis à ceux de Paris. « Après une spécialité « décor de théâtre », je suis devenu assistant au théâtre national de Bretagne, pour la scénographie. » Puis enseignant, en arts, dans des collèges et lycées d’Ille-et-Vilaine, pendant une dizaine d’années. Et ensuite ? Le voici directeur de cabinet du recteur de Nantes, où il découvre « un fonctionnement très politique » .
« Je travaillais sur deux toiles en même temps »
Il part au ministère de la Culture, comme chargé de mission, pendant quatre ans. Avant de poser ses valises à Angers. « Quand je vivais à Nantes, je venais régulièrement ici, j’aimais beaucoup la programmation du Nouveau théâtre d’Angers (NTA). J’ai appris à connaître la ville à travers ces activités culturelles. » Cela tombe bien : il crée le poste de directeur culturel à l’université d’Angers, ainsi que son Espace culturel, une adorable petite salle de spectacles, parfaitement équipée pour permettre aux étudiants de jouer dans des conditions professionnelles.
Il l’avoue : « Quand je faisais de la peinture, je travaillais sur deux toiles en même temps. » Alors il monte une licence universitaire dédiée au théâtre, qui aboutira, voici trois ans, à la création de l’Académie supérieure de théâtre d’Angers. Jean-Charles Birotheau enseigne aussi à l’Esthua – la formation de l’université axée sur le tourisme et la culture. « J’adore donner des cours sur la méthodologie de projet, la politique culturelle, la scénographie ou l’organisation d’un festival. »
« Je fonce, mais avec méthode »
« Je suis gourmand, j’aime quand ça bouge. » Ça tombe bien : une nouvelle mission l’attend. « En août dernier, on m’a demandé d’intervenir à l’université de Moscou sur le thème des techniques d’apprentissage du théâtre et de la danse.  Un homme est alors venu à ma rencontre, pour me parler de l’Institut international de théâtre, que je ne connaissais pas. Il m’a demandé d’y participer. Je pensais qu’il voulait que je fasse une conférence » , sourit Jean-Charles Birotheau.
En fait, l’homme en question est le directeur général de l’Institution. Et il souhaite que l’Angevin ouvre un centre en France et en assure la présidence. « Le 16 septembre, le comité exécutif réuni à Prague m’a choisi à l’unanimité. J’ai alors construit le projet, en m’appuyant sur les présidents des autres pays. Et comme je suis un adepte de la décentralisation, j’ai proposé d’implanter le centre national à Angers. » Avec toujours le même credo : « Je fonce, mais avec méthode. »
Les arts du spectacle, à l’échelle mondiale
Fondé en 1948 par des experts en danse et en théâtre, ainsi que par l’Unesco, l’institut international du théâtre est la plus grande organisation mondiale des arts du spectacle.
Quel est l’objet de l’Institut international du théâtre ?
Dans la droite ligne de la philosophie de l’Unesco – renforcer la paix et l’amitié entre les peuples – l’ITI (prononcez aïti aï) s’engage à « promouvoir l’échange international des connaissances et de la pratique des arts de la scène ».
Comment ?
En organisant des congrès, des ateliers, des festivals, des expositions et des concours, tant à l’intérieur des pays qu’entre les nations. Il s’agit d’aider les étudiants et les professionnels du spectacle vivant (principalement le théâtre et la danse) à monter des projets, en leur faisant bénéficier du réseau de l’ITI, sans intervenir sur la création.
Combien y a-t-il de centres nationaux à travers le monde ?
Exactement 99, répartis sur les cinq continents, avec une forte représentation de l’Afrique. Il n’y avait plus de centre français depuis 2000.
Pourquoi le centre français s’installe-t-il à Angers ?
L’ITI a été très sensible aux arguments du président qu’elle a choisi, Jean-Charles Birotheau. La ville compte plus de 43 000 étudiants, dont ceux de l’Asta (Académie supérieure de théâtre d’Angers), du conservatoire, du CNDC (le Centre national de danse contemporaine) et du Centre dramatique national – Le Quai. L’Anjou est une terre de théâtre, comme en témoignent ses nombreuses compagnies amateurs et professionnels, et le festival d’Anjou. Les pourparlers sont en cours avec la ville d’Angers pour déterminer le lieu d’implantation.
Quels sont les premiers projets du centre français ?
Accueillir, à Angers, la programmation d’Africa 2020, un méga-événement dédié au continent africain. Et participer au grand rendez-vous « Un auteur, un pays », qui permettra par exemple à un dramaturge japonais d’être joué par une troupe de Côte d’Ivoire.